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9 février 2016 - Rencontre PRU - Concilier temps individuels et temps sociaux : quelle place pour l’action publique ? - Nantes (44)

C’est en Italie dans les années 1990 que les politiques relatives aux temps de la ville se sont développées en premier, notamment à l’initiative de mouvements féministes. En France, il faudra attendre les années 2000 pour que la question des temps soit prise en compte, à la fois au travers des travaux et réflexions menés sous l’impulsion du secrétariat d’État aux Droits des Femmes, du ministère délégué à la ville, ou encore, de la DATAR, mais aussi dans le cadre de la loi sur l’aménagement et la réduction du temps de travail.

Dans un certain nombre de villes telles que Poitiers (2001) ou Rennes (2002), des bureaux-agences des temps se sont mis en place, pour tenter de répondre aux difficultés d’organisation de la vie quotidienne, et pour aider à mieux concilier les temps professionnels, familiaux, personnels, dans une optique d’amélioration de la qualité de vie. Un réseau national de villes engagées dans des politiques temporelles existe d’ailleurs depuis 2004 (association Tempo Territorial).

Il s’agit ainsi de répondre aux tensions entre le temps et l’espace générées par l’évolution des rapports hommes-femmes (davantage d’égalité, développement du travail féminin, aspiration à une meilleure répartition des tâches domestiques...), le développement de nouvelles formes et conditions de travail (flexibilité grandissante, horaires décalés), l’importance croissante accordée au temps libre, l’éclatement spatial des fonctions...

Le temps est aussi un facteur d’inégalités : inégalités sociales (niveaux de contraintes différents selon les groupes sociaux), inégalités d’apprentissage face à sa maîtrise, inégalités de genre, inégalités entre générations. Au travers du temps, il y a également des enjeux de qualité et de préservation du lien social, de cohésion sociale, d’implication citoyenne... Enfin, notre rapport au temps doit aussi être questionné d’un point de vue individuel et collectif, car le temps est une construction sociale.

Il en résulte la nécessité de mieux articuler les temps des territoires, de mieux combiner les horaires de travail avec ceux des services publics, des transports, des commerces pour en faciliter l’accès et l’usage pour tous.

Cette problématique renvoie également à des objectifs de gestion et de fluidité de la ville (optimisation des équipements publics et de l’espace public de jour comme de nuit, lutte contre la congestion...). Pour autant aujourd’hui, les actions menées par les collectivités restent méconnues, limitées dans leurs effets, ne font pas l’objet d’une politique publique nationale ; elles ne semblent pas au coeur de politiques locales et paraissent en rester au stade des expérimentations.

C’est pour mieux comprendre le champ et les modalités d’intervention des collectivités sur les questions de conciliation des temps individuels, collectifs, et de la ville que le Pôle de Recherche Urbaine des Pays de la Loire propose cette nouvelle rencontre.


Programme et synthèse sur le site de la Direction territoriale Ouest du Cerema.

 

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