Les commissions

22 novembre 2013 - Est il possible de construire un système territorial résilient ? - Nantes (44)

Rencontre du Pôle de Recherche Urbaine des Pays de la Loire.

Dans un contexte de multiplication des crises de tous ordres (sociales, économiques, écologiques, politiques..), d’une demande sociale de sécurité toujours plus importante et de moyens d’intervention publics de plus en plus rares, la résilience apparaît comme une réponse a priori pertinente pour surmonter les désordres générés par notre système de développement.

Si ces dernières années, l’action publique s’est surtout concentrée sur les risques naturels ou technologiques, les territoires sont également confrontés à d’autres sources de perturbations – notamment socio-économiques (fermeture d’entreprises, désagrégation du tissu économique local…) – parfois plus délicates à repérer ou qualifier car plus diffuses mais dont les effets cumulatifs peuvent être tout aussi dévastateurs.

Face à toutes ces menaces, la résilience est donc de plus en plus mise en avant en direction des territoires, mais aussi des individus qui les habitent, et ce, à l’échelle nationale comme internationale.

Cet engouement récent donne également lieu à un certain nombre de travaux dans les champs de la géographie, de l’aménagement et de la gestion des territoires. Souvent vu comme la capacité d’adaptation et la capacité à surmonter des crises, le concept n’est toutefois pas véritablement consolidé dans sa définition, et renvoie à des acceptions plurielles et parfois même contradictoires. Le concept véhicule également un certain nombre de présupposés et peut conduire à une forme de résignation ou de déterminisme face aux vulnérabilités de toutes natures. En actant l’idée selon laquelle nous vivons dans un système qui produit des crises et que nous devons apprendre à vivre avec, le concept de résilience pourrait aller jusqu’à « essentialiser » la vulnérabilité et empêcher ainsi d’interroger le système qui produit ces crises et vulnérabilités.

Par ailleurs, si la transposition du concept de résilience aux territoires contribue à renouveler les réflexions sur les risques et leur gestion, elle n’a pas encore réussi à déboucher sur des déclinaisons véritablement opérationnelles : appliquée aux systèmes complexes que constituent les villes et les territoires, la résilience pose en effet la question de l’échelle d’analyse, mais aussi celle de la temporalité (questions classiques en géographie), dans la mesure où les ressources mobilisées dans les stratégies d’adaptation des territoires ne sont pas qu’endogènes et produisent leurs effets sur des échelles de temps très hétérogènes. L’appréciation de la résilience dépend aussi directement des systèmes de valeurs de « ceux qui la nomment », la résilience revêt donc une dimension éminemment politique et subjective. On peut alors parler de trajectoires de résilience territoriale.

Pour cette nouvelle rencontre du Pôle de Recherche Urbaine, nous avons fait le choix de questionner le concept de résilience des territoires, en privilégiant une entrée particulière par les crises et menaces socio-économiques. Nous nous attacherons ainsi à répondre aux questions suivantes :

- qu’est-ce que la résilience ? qu’est-ce qu’elle n’est pas ? comment en faire bon usage ?
- comment le concept de résilience peut-il se décliner sur les territoires dans leur diversité ?
- quelles ressources le concept de résilience mobilise-t-il (capacité d’anticipation, de diversification, de mobilisation de la société civile…) ?
- de quel type d’adaptation s’agit-il ? Jusqu’où les processus de résilience modifient-il le système de développement dans lequel nous vivons ?

Télécharger le déroulement de la rencontre et la synthèse sur le site de la Direction territoriale Ouest

 

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